Après les Guêpiers ces 4 dernières années, j'ai entamé depuis l'an passé la quête de l'oiseau bleu : le Rollier d'Europe. Je vous propose un compte rendu photographique de mes affûts de cette saison 2009.
Résumé des précédents épisodes
Photographier le Rollier d'Europe est rendu assez ardu par 2 difficultés :
1 -sa relative rareté : l'espèce est classée en "Near Threatened" par l'Iucn et on dénombre environ 1000 couples en France que l'on trouve essentiellement en région méditerranéenne.
2 - son comportement qui le conduit à fréquenter des zones hors de portée de l'objectif. On l'aperçoit souvent à l'affût sur des fils électriques ce qui n'est pas un contexte favorable à la photo.
En revanche, l'oiseau est assez abondant dans l'Hérault et je connais une demi douzaine de sites où je suis certain d'en trouver en saison. Jusqu'à l'an passé je n'avais pourtant jamais repéré un site de reproduction exploitable. Voyant tous les soirs aux mois de Juin/juillet jusqu'à 4 couples simultanément, j'ai pas mal écumé l'un de ces sites que je savais favorable en quête d'un endroit qui pourrait abriter un couple. Mais, dans la zone en question, peu de grands arbres : il s'agit d'une garrigue arborée de chênes verts de taille moyenne pas du tout le genre d'arbres de haute futée que les Rolliers affectionnent. Les couples aperçus sont-ils des individus erratiques non fixés ? Cela semble peu probable : il s'agit d'adultes appariés et démonstratifs. Mais alors où logent-ils ?
En discutant en famille de ce dilemme, notamment avec mon frère qui est un naturaliste chevronné, ma maman me suggère de vérifier du côté de "la bergerie". Malgré mon scepticisme, comme je suis un garçon obéissant, j'écoute ma maman, et j'en suis récompensé car voici ce que j'aperçois :
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Incroyable : l'oiseau semble nicher dans une anfractuosité du mur dans lequel je le vois entrer puis ressortir. L'endroit est assez dégagé et à hauteur gérable (environ 4 mètres). Ca y est, je tiens là un site intéressant !
Je ne vous referai pas toute la saison de l'an passé mais sachez que j'ai pu suivre toute la repro et qu'elle s'est bien passée. J'ai pu en tirer de bonnes photos de comportement que je n'avais jamais osé espérer. Pourtant je reste un peu sur ma faim au niveau de la qualité des photos. J'espère donc faire mieux cette année. Je me heurte notamment à 2 difficultés :
1 -Le site n'est correctement éclairé qu'une petite partie de la matinée.
2 -Les oiseaux ont adopté comme perchoir favori (où ils se posent avant de regagner leur nid et où ils s'adonnent à leurs activités sociales) un Pin d'Alep à quelques mètres de leur cavité qui n'est pas parfait au niveau photographique : contrejour, arrière plan fouillis, contre-plongée marquée,...
Espérant améliorer les choses, j'ai installé cet hiver des branches-perchoirs en des endroits photographiquement plus favorables en espérant que les Rolliers les utilisent...
Affût du 30 avril 2009
Réveil à 4h00 du matin pour le premier affût de la saison. Bien sûr il s'agit de prendre le maximum de précautions pour éviter un dérangement : utilisation d'une tente d'affût, housse antibruit, installation de la tente à la nuit (alors que les oiseaux ne sont pas encore sur le site) et, à la fin de la séance, remballage quand le couple s'absente (ce qui me conduit parfois à prolonger l'affût plus longtemps que prévu lorsque les oiseaux ne semblent pas décidés à bouger).
L'excitation est déjà intense alors que je m'installe, le plus silencieusement possible, dans ma petite tente accueilli par le chant des rossignols. En attendant que le jour se lève, je note sur mon carnet d'obs les espèces entendues : Rossignol philomèle, Fauvette à tête noire, Alouette lulu, Mésange charbonnière, Pigeon ramier, Huppe fasciée, Tourterelle turque, Pinson des arbres ,...
Soudain, à 7h10, première surprise de la saison : une Huppe s'accroche à l'entrée de la cavité un insecte au bec !
Voila donc que des Huppes fasciées (Upupa epops) squattent le logement des Rolliers. Et comment je vais faire moi pour mon "étude sur les Rolliers" ? Comment un affût Rolliers va donc se transformer en affût Huppe fasciée.... Bon c'est toujours un Coraciiforme et je suis loin d'avoir réalisé le plein de photos sur cette espèce donc je vais faire contre mauvaise fortune bon coeur.
Le mâle semble déjà en phase de nourrissage des jeunes à moins que ce ne soit un approvisionnement de la femelle au nid par le mâle (durant la couvaison) ? Non, pas de doute car dès que le mâle s'accroche à l'entrée de la cavité, j'entends le piaillement des jeunes affamés.
Les jeunes Huppes sont nourries (à 90%) de larves d'insecte (Coléoptères notamment) que les adultes vont dénicher sous terre avec leur long bec incurvé adapté à cet exercice. Ce régime leur permet d'être plus précoce que la majorité des autres migrateurs insectivores (comme le Rollier) qui dépendent eux de la présence et de la maturation de gros insectes (Orthoptères, Cigales,...) pour nourrir leurs jeunes. La période de reproduction peut démarrer en mars et s'achever en mai.
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